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  • AS du Golf du Perche
  • : AS Golf du Perche La Vallée des Aulnes 28400 Souancé au Perche 02 37 29 12 96 as.golfduperche@wanadoo.fr
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TRIBUNE LIBRE

 

 

Il y a de nombreuses années, le Bureau de l'AS diffusait à ses membres une gazette qui relatait les évènements du Club.
Le blog actuel n'a fait que reprendre cette idée. Le support est plus convivial, les articles plus réactifs, le cout bien moins élevé pour nos finances .
Parfait donc ? Que non car dans cette feuille de chou les membres y signaient régulièrement quelques articles ou billet d'humeur.

Un ancien parmi les anciens du Club, revenant enfin parmi nous, renoue avec cette tradition. Nous pleurions de n'avoir dans ce blog que notre prose, on ne peut donc que se réjouir en souhaitant que « Dudu » soit le premier d'une longue série.

Les auteurs y seront bien sur totalement libres de leur propos qui n'engageront qu'eux même !!

Nous espérons que le flegme et l'étiquette liés à notre sport suffiront...


                                                                                                                                                    mai 2012
Virginie, c'’est fini (on peut changer le prénom et rimer sur : « … n’'est plus là »)

Je n'’irai plus jamais
Au practice que tu aimes
Je n'’irai plus jamais
Même à celui d'Béllème
Je n'’irai plus jamais
Maintenant, c'’est plus la peine
Je n'’irai plus jamais
Et le dire ça me gêne
 
(Refrain, x2)                                                            
 
Virginie, c’'est fini
Et dire que c’'était la prof            
De tous mes derniers cours                                                                                                
Virginie c’'est fini
Je ne crois pas            
Que j'’y retournerai un jour            
 
Je n'’irai plus jamais
Au practice de Souancé
Je n’'irai plus jamais
Comme les autres années
Parfois je suis en rage
Et dit : « recommençons »
Mais je perds le courage
De reprendre des leçons
 
(Refrain, x2)            
 
Je n'’irai plus jamais
Au soleil ou au vent
Et même quand il pleuvait
T’'attendre sous le auvent
Entendre ta voiturette
Au son pétaradant
Et voir ta silhouette
Au loin dans le couchant
 
(Refrain, x2)            
 
Je n'’irai plus jamais
Sans demander mon reste
Je renonce à jamais
A modifier mon geste
J'’ai peur qu’'il soit trop tard
Et qu’'un manque de souplesse
N’'empêche le vieillard
De se remuer les fesses
 
(Refrain, x2)
 
Je n'’irai plus jamais
A tous tes rendez-vous
Mais je me souviendrai
A quel point c’'était fou
Ce qu'’on entreprenait
En quête d'’un idéal
Je n’'irai plus jamais
Faire envoler des balles
 
(Refrain, x2)
 
Je n'’irai plus jamais
Pour taquiner l'’espoir
Je n’'irai plus jamais
L’'envie m’a laissé choir
Je n’'ai plus de complexes
Devant mes camarades
Je garde mon index
Riant de mes cagades
 
(Refrain, x2)
 
Je n’'irai plus jamais
Enfler mes exigences
Car jamais satisfait
On laisse passer sa chance
Je n'’irai plus jamais
Faire preuve d’'une ambition
Qui hausserait mes souhaits
De devenir un champion
 
(Refrain, x2)
 
Evoquons Julien Quesne
Un petit gars d’'ici
Qui se donna d'’la peine
Sans connaître Virginie
Son geste il l’'a construit
Sans écouter Jeannot
Et pas même Paddy
Et pourtant il est pro
 
Virginie, oh ! C’'est fini
Je ne crois pas
Que j’'y retournerai un jour
 
Virginie, oh ! C’'est fini                                                     
                                                                        Jean-Guy Dubreuil (et H. Vilard)
PS :  Pas de panique Virginie ! J’ai écrit ça le 1 er avril …

 


 

                                                                                Avril 2012
Il était une fois… dans le Perche.
Nous sommes en septembre 86.
Un soleil de plomb surchauffe la terrasse de Montgrand. Quatre hommes sont réunis autour d’une table à l'’ombre d’'un parasol. L'’un d'’eux essuie une goutte de sueur qui lui coule sur le visage et un autre chasse une mouche qui parcourait son visage hâlé. Ils devisent calmement un verre à la main et un cigare à la bouche. Par la fenêtre ouverte on entend la plainte de l'’harmonica d’'Ennio Morricone. Il y a là, autour de Philippe de Yturbe le maître des lieux, Laurent Heckly, Xavier Luchaire, et Maître Labbé, avocat d’'affaires. Ils n'’ont pas de cache-poussière, mais des tenues d’'été griffées.
Avec quelques siècles de retard par rapport aux Britanniques, La France, qui a élu à sa tête un président golfeur, François Mitterrand, et sans préjuger d’'une quelconque cause à effet, se découvre soudainement une sorte de « golfomania ». De nombreux responsables politiques rêvent d’'aménager des parcours dans leur région pour la valoriser et attirer les touristes étrangers déjà pratiquants et amateurs de ce sport, en espérant initier une clientèle locale pour qui il demeure cependant un loisir de « classe ».
Nos compères parisiens en visite à Souancé, en sont issus à n’'en pas douter, et ils ont entendu les échos de nombreuses rumeurs plus ou moins vérifiables sur la construction de golfs en Eure et Loir ou dans l’'Orne. Ils ont le mérite d'’étudier et de proposer à leur ami Philippe, un projet cohérent, sur ses terres, un site privilégié du Perche dont les collines n'’étaient parcourues jusqu’'ici que par des bovins. Laurent Heckly, déjà nommé, architecte et ancien champion de hockey sur glace, sachant taper dans la balle, a déjà dessiné dans sa tête un parcours naturel épousant les pentes et contre-pentes du lieu.
A l’'occasion du 10e anniversaire, j'’ai retracé la genèse de ce premier parcours dans un édito appelé « La Création » que je pourrais faire lire ou relire à l’'occasion d’'une rediffusion dans cette rubrique. En septembre 87 les 9 trous du parcours, nommé « L’'Ambition », étaient inaugurés. Il s’'agissait d'’une ébauche des plus rustiques, où l'’herbe rase tondue servait de greens, dont certains étaient à peu près injouables comme le 1 et le 7 en dévers complet où aucune balle ne pouvait s’'arrêter. Nous autres golfeurs de la première heure à Souancé, y avons pris cependant beaucoup de plaisir en essayant d’'acquérir un swing sur les conseils de Paddy, garçon très connu dans le milieu golfique parisien, un prof débonnaire et atypique, peu intéressé par l’'argent et qui n'’hésitait pas à jouer avec nous sur ce parcours, juste pour le plaisir.
Mais pour l'’heure, je voudrais plutôt retracer l’'histoire de l’'Association Sportive du Golf du Perche dont l’'utilité n'’apparut pas évidente aux yeux des créateurs.
Nos fondateurs/administrateurs sus-nommés, avaient dans l'’idée de faire un golf convivial, où l'’on jouerait entre amis parisiens avec quelques membres locaux qui devraient acquitter un droit d'’entrée. Nous autres provinciaux qui venions de découvrir le golf en cherchant à faire swinguer coûte que coûte les clubs neufs que nous venions d’'acheter, sur des parcours improvisés alentour, ou à taper des balles sur un terrain de foot, et pour certains dans le grenier de leur propre maison, ou même sur la moquette du salon quitte à y laisser les traces d’'un divot laineux, nous avons accueilli cette initiative avec enthousiasme. Philippe nous a tout de suite conseillé de nous mettre sur les rangs car, disait-il, le numérus clausus serait vite atteint. On sait ce qu’'il en est ! Nous avons payé sans rechigner notre droit d'’entrée, sans nous douter qu’'il serait aboli quelques années plus tard sans contre-partie, ainsi que notre première cotisation pour la saison.
Le premier membre du Golf du Perche fut le mari de Brigitte Pigeard, papa de Christophe, et il fut suivi de quelques autochtones assez peu nombreux en vérité en regard des joueurs de la région parisienne qui formèrent au début l’'essentiel des effectifs.
Un certain nombre de joueurs qui venaient s'’amuser sur ce parcours, commençaient à progresser. Ces joueurs pour la plupart venus d’'autres disciplines, comme le foot ou le tennis, où la compétition fait partie de leur attrait, commencèrent à réclamer l'’adhésion du club à la Fédération Française de Golf pour pouvoir suivre et homologuer leurs performances. Sous l'’impulsion de Marc Schelcher, de Thierry des Abbayes, de Frédéric Cousseau, et j’'en oublie peut-être, un premier Bureau de l’'Association Sportive se forma. Il fut étoffé des bonnes volontés de Jean Moreau et de moi-même, bientôt rejoint avec des missions spécifiques pour l'’aménagement du terrain pour Jean-Pierre Morize, et du relationnel pour François Courty. Il parut évident dès le début que les points de vue de l’'AS et de la SARL étaient divergents, et Philippe ne voyait pas l’'intérêt d’'adhérer à la Fédé, qui à ses yeux pouvait devenir « un état dans l’'état » et dicter des normes ou des obligations réglementaires susceptibles de le contraindre ou de contrecarrer ses projets. Il y eut de nombreuses réunions paritaires et les discussions furent âpres pour obtenir la signature d’une Convention Tripartite entre la SARL, la FFG et l’'AS, ainsi qu’'un protocole d’'accord entre la SARL et l’'AS qui devait définir les rôles de chacun au sein de cette nouvelle entité qu'’était le Golf du Perche. J'’écrivais à l’'époque dans un édito intitulé « Nostalgie » : « toutes proportions gardées, autour du président Schelcher qui retrouvait pour la circonstance les accents de son illustre ancêtre, nous pouvions nous croire les protagonistes de la Constituante ». A l'’issue de ces péripéties, le Golf du Perche vint enfin s'’ajouter officiellement aux 500 et quelques nouveaux golfs homologués construits sur le territoire français.
Ce premier bureau de l’'AS fut reconduit jusqu’en 92, où Didier Charvon fut élu Président entouré d'’amis parisiens. Il fut à la méritoire origine, avec l’'aide Mme Eve Roblin-Dadelsen, de l’'élaboration et de la diffusion de « La lettre du Golf du Perche », un bulletin, semestriel au début, qui donnait des nouvelles de la vie du club. Thierry des Abbayes y tînt une passionnante rubrique sur l'’histoire du Perche et des Rotrou, du début du IXème siècle à la fin du XIème. Les relations SARL/SA se normalisèrent peu à peu entre interlocuteurs de bonne volonté, et les diverses Commissions sportives et d'’animations proposèrent à l’'année des réunions amicales, des sorties sur d’'autres golfs et des compétitions, et essayèrent d'’attirer des jeunes avec la complicité d'’Alain Vergnon, prof d’éducation physique au Lycée de Nogent-le-Rotrou et de Bill Owens, le prof gallois du club. D'’autres pros se sont succédé ensuite, chacun avec leur style et leurs défauts. Patrick Terru s'’est beaucoup investi, et il a laissé quelques bons écrits dans les bulletins des années 95/96/97.
En 94 le Bureau est renouvelé avec à sa tête Charles-Henri Krug . Il est épaulé par Georges Bourgeois, François Courty, Gérard Morel, Guy Lamy, Claude Barbier et votre serviteur étant à nouveau Capitaine des Jeux. De nombreux golfs se sont créés depuis et nous avons à l’'époque des Interclubs avec Béllème, Maintenon, Le Mans, La Bosse, Limère et nous les avons tous remportés cette année-là. La Coupe du Centre qui confronte des Clubs de la région éponyme, nous a permis d'’étalonner notre vraie valeur avec une place d'’avant-dernier sur 17… Cette épreuve de haut niveau, reste pour nous le critère d'’une progression qui s'’affirme d'’année en année.
En 98 le jeune Julien Quesne entre au bureau et on commence à voir son nom en vainqueur des compétitions locales. Son travail individuel finit par payer et il devint Champion du club 97. Le practice n’'était pas assez long pour lui, et après avoir quitté Souancé pour Béllème où il retrouva Paddy évincé de la Vallée des Aulnes, il sera admis quelques temps après, comme étudiant/stagiaire au golf de Touraine. Maintenant, on connaît sa trajectoire qui vient de connaître ces jours-ci un niveau qu'’on lui souhaite de garder longtemps.
En 99, après avoir été Vice-Président dont je disais dans une précédente rubrique que c’'était un poste inutile, je publie dans le Bulletin « Un éloge du sommeil » car je viens de rejoindre les rangs de ces membres « en sommeil » qui seront de plus en plus nombreux à partir de cette année-là. Cela ne m’'empêchera pas d'’écrire quelques petites diatribes sur le fonctionnement du golf du Perche et de son propriétaire qui a heureusement le sens de l'’humour. Alors que la politique commerciale a toujours été le cadet de ses soucis, c’'est l’'année où il envisage l’'aménagement de la ferme « La Charonnière » à l'’entrée du golf, en hôtel trois étoiles… il est permis de rêver !
En 2000, c'’est Jean Moreau qui s'’y colle et devient Président car écrit-il : « faute de grive on a recours au merle ». Il s’'efforcera à sa façon déterminée et néanmoins frondeuse, à maintenir, voire à amplifier, la cohésion du club qui manque cruellement à cette époque de jeunesse et d'’adhésions nouvelles. Le loisir l’'emporte sur la compétition et la dynamique des débuts s’étiole. La lutte contre des moulins qui tournent au vent de la lassitude et du moindre engouement golfique l'’épuise, et il va passer la main à Jean-Jacques Strauss qui reprendra le flambeau. Sous son « règne », c’'est heureusement l'’amorce d’'une reprise vitale, qui se confirmera avec la Présidence de François Courty entouré de quelques jeunes, Isabelle Pigeard, Antoine Thevenon, Delphine Courty, Guillaume Fardouet et quelques autres, ainsi que de nombreux sponsors qui me pardonneront de ne pas les nommer de peur d'’en oublier, et qui vont revigorer, animer et dynamiser ce golf pour être ce qu'’il est aujourd'’hui, un golf ambitieux et sympathique dont les visiteurs apprécient la bonne et chaleureuse ambiance.
En plus d’'être un endroit enchanteur en toute saison où j'’ai beaucoup de souvenirs de moments heureux, c’'est en partie ce qui a motivé mon retour dans ce golf en tant que membre à part entière, et je m’'efforce à ma modeste place, d'’y conserver la tradition de convivialité et de bonne humeur, et d’'y être une des mémoires (de plus en plus défaillante, il est vrai !), par l'’intermédiaire du blog de l’'AS, laquelle a su s’'adapter et moderniser ses moyens de communications.
Je ne voudrais pas conclure ce papier sans reparler de François Courty, dont j'’admire la constante énergie depuis toutes ces années, et dont le dévouement pérenne à la cause de la (sur)vie de ce club me semble tout à fait remarquable et digne de louanges.
Alors, c’est lui le héros à l’'harmonica ?

Jean-Guy Dubreuil


mars 2012

En attendant que le club se réveille, ainsi que ses membres qui auront répondu aux appels de cotisation, et que l'’inspiration me revienne, je vous propose de lire (ou de relire!) ce “rossignol” exotique de 1995 retrouvé dans mes archives.
A bientôt

  Le pied en Irlande…

A mon avis tout golfeur digne de ce nom se doit un jour de l’'y mettre… pour le prendre ! En effet, jouer sur un golf irlandais c'’est une consécration, j'’allais dire une « confirmation », de l’'authenticité de sa passion (le baptême devant obligatoirement avoir lieu en Ecosse).
En mai dernier donc, j'’ai eu la joie de découvrir quelques parcours dans le Connemara. Le Connemara, c'’est cette région invraisemblable où Cromwell en 1640 exila le reste des Irlandais spoliés par l'’Anglais en lançant aux réfractaires : « Le Connemara ou l’'enfer ». Il est vrai que l'’on se demande qui, et comment, peut vivre dans cet endroit inhospitalier au premier abord, où l’'eau dispute l’'espace aux cailloux. Les conditions de vie austères demandant courage et sacrifice ont forgé le caractère et l'’identité de cette population fière de conserver ses traditions.
Le sport y tient une grande place avec trois jeux typiques : le hurling, sorte de hockey sur gazon ; le gaelic football, où l’'on joue le ballon du pied et/ou à la main ; le golf enfin.
Le paysage irlandais ressemble à lui seul à un immense golf, et l’'on imagine aisément de somptueux parcours au milieu des ondulations rocailleuses naturelles où serpentent les traditionnels murets de pierres.

Le Connemara Golf Club est situé sur la presqu’île de Ballyconnely, en plein vent, le deuxième golf le plus à l'’ouest de l’'Europe.
Et là, on touche à l’'authentique. Le golf est dans son élément, la nature sert de théâtre au jeu le plus simple du monde. Extraordinaire impression de nouveauté sur ce tee n°1 ; aucune sophistication dans ce dessin du trou qui suit le tracé du terrain et en fait un dog-leg gauche borné par les rochers affleurant de chaque coté du fairway. Pas de bunker de drive mais un petit rough fleuri apparemment inoffensif, une saignée d’'eau courante à gauche et un green minuscule avec des trous de moutons en guide de défense tout autour.

Devant tant de simplicité, il est nécessaire de simplifier aussi son geste qui est, parait-il, également naturel…
Mais simple n'’est pas synonyme de sans difficulté et nous savons combien ce fameux geste simple et naturel n’'est pas facile, ni à apprendre, ni à exécuter ; de même que le parcours simple en apparence qui s’offre à moi recèle des traquenards diaboliques que la végétation, le vent et l'’eau s’ingénient à accentuer. On sait qu’'en Irlande le vent souffle fort et quasiment constamment, la pluie peut s'’en mêler, quant au soleil, il alterne avec l’'ombre mouvante des nuages qui contribue à mettre en valeur la merveilleuse beauté du paysage. Sur une grande partie du tracé de ce link on n'’hésite pas à reprendre son souffle pour se remplir les yeux des horizons brouillés de l'’Atlantique, des lumières changeantes sur la surface des lacs et des lagunes qui serpentent entre les trous, des couleurs charmantes des iris, des fuchsias et autres rhododendrons sauvages.

Vous constatez que j'’ai du mal à parler golf et à détailler chacun des 18 trous qui pourtant le mériteraient, en particulier ceux du retour qui comportent un fameux par 3 de 197m contre le vent, suivi d’'un long par 5 sans difficulté tant qu’'on reste sur le fair-way, le tout est d’'y rester. Le 15 se termine par un green haut perché au creux d'’une colline qui ne peut être attaqué que par une approche aérienne. Le 16 est gardé par l’'eau, puis vous êtes confronté aux deux par 5, tous deux exposés aux éléments sur une longueur de près de 500 m. Le green du 18 est à l’'ombre du Club House, bien défendu par les célèbres petits bunkers ronds et profonds, très délicat à prendre en fonction de la place du drapeau sur une pente constante. Une carte de 102 m'’a comblé !

En plus du plaisir des yeux, deux éléments d’'agrément supplémentaires me reviennent en mémoire : la sensation délicieuse que procure l'’attaque franche de la balle sur la tourbe herbeuse qui découpe un divot long, délicat et tendre comme un baiser sur la bouche d'’une jolie femme, et enfin les greens à la fois moelleux et fermes comme la mousse d’'une Guiness, pour des putts qui coulent vers le trou comme une gorgée de plaisir ! Le pied vous dis-je !

Jean-Guy Dubreuil


  Février 2012


Le golf est un jeu étonnant ! Il m'étonne encore  et toujours, et il étonne également tout un tas de gens pour des raisons diverses.
 Il étonne tout d'abord ceux qui ne jouent pas à ce jeu qu'ils considèrent, dans un cliché aussi « populaire » que peut l'être le Fouquet’s, comme un passe-temps débile de gens riches. On peut en effet se demander ce qu'il y a de plus bête que de taper dans une balle qui a tendance à s'égarer tout le temps en vous faisant perdre votre sang-froid, dans le seul but de la pousser dans un trou quelques mètres plus loin, et cela en payant des sommes qui suffiraient souvent à nourrir une famille de SDF pendant une année entière ? Cette remarque « populiste », à défaut d'indigner bon nombre de nos concitoyens, Monsieur Cyclopède, ce grand humaniste Desprogien, aurait pu la commenter d'un : « Etonnant, non ? »
 Bien des humoristes se sont penchés sur l'absurdité de s'intéresser à ce jeu qui serait  pour Mark Twain : « une belle promenade gâchée par une petite balle blanche». Les écologistes de leur coté, le trouvent polluant et « aquavore » et ne sont pas sensibles au charme que peut apporter un beau parcours dans un paysage sans attrait véritable. Ils n'ont pas noté non plus son rôle irremplaçable de pare-feu dans les incendies qui ravagent régulièrement le midi de la France. Les lunettes rouges brouilleraient-elles la vue ?
 Et puis il étonne encore davantage ceux qui, sans forcément offrir le profil stéréotypé évoqué plus haut, s'adonnent à cette passion qui est de jouer au golf. Ils découvrent que ce jeu  peut (rarement, il est vrai !) procurer des joies simples qui ramènent à l'enfance, lorsqu'ils font un parcours idéal où tous leurs coups ont été parfaits et qu'ils annoncent un score qu'ils n'auraient jamais espéré pouvoir atteindre un jour. Ils sont souvent de si bonne humeur qu'ils se montrent plutôt généreux au bar en offrant des tournées.
 Mais le plus souvent le golf provoque des comportements où l'abattement le dispute à la déprime. Cette confrontation avec soi-même devient insupportable devant l'échec dont on est seul responsable. C'est un « révélateur » qu'un chroniqueur sportif, Paul Gallico, illustrait par ce propos : « S'il y a une trace de malhonnêteté dans un homme, le golf la révélera ». Que dire du comportement ubuesque de certains golfeurs qui n'ont d'autorité que sur eux-mêmes et sur le contrôle de leurs scores, et qui veulent s'illusionner sur leur talent en falsifiant à leur avantage la comptabilité de leurs coups réels ? Se rendent-ils compte qu'ils se ridiculisent, se mentent eux-mêmes en se voilant pathétiquement la face ? Ils oublient que les compétitions permettent de repérer ces comportements puérils, car les arbitres, supposés vigilants, des  parties officielles, sont les propres  partenaires de ces joueurs indélicats qui seront tôt ou tard rattrapés par la rumeur. Les golfeurs honnêtes, qui sont fort heureusement les plus nombreux, savent que c'est un jeu exigeant et ingrat qui faisait dire à Bruce Crampton, un joueur professionnel : « Le golf est un compromis entre ce que votre ego veut faire, ce que l'expérience vous dicte de faire, et ce que vos nerfs vous autorisent à faire ». Et puisque nous sommes dans les citations, celle-ci de Bob Hope qui résume ce dont nous parlons: « Si vous regarder une partie de golf, c'est amusant, si vous jouer, c'est délassant, si vous vous y mettez sérieusement, c'est le golf ».
 Mais en dépit de ce que nous venons de dire, c'est un jeu qui peut devenir obsessionnel, et dans sa vie quotidienne, bien des humeurs d'un golfeur sont contingentes de la santé de leur swing. Les plaisanteries ne manquent pas pour le confirmer. Un adage ne dit-il pas : « Si vous n'arrivez pas à mener de front vos affaires et le golf, laissez tomber vos affaires ».
 Quant à la délicate question de compatibilité de ce jeu avec une vie de couple, elle peut se décrire par cette citation bien connue que je vous laisse traduire : «  index 20 : watch your grip ; index 10 : watch your job ; index 5 : watch your wife ! ». Ceci ne s'applique qu'aux golfeurs dont l'épouse, la fameuse «  golf widow », ne joue pas. Si elle joue, la situation n'est pas idyllique pour autant. En admettant que ne se pose pas un problème financier, deux cotisations annuelles qui peuvent grever un modeste budget, et que d'autre part, cela puisse résoudre celui des lieux de vacances choisis conjointement à proximité impérative d'un ou de plusieurs golfs, il subsistera celui de la frustration individualiste et machiste des hommes qui aiment à se retrouver régulièrement « entre mecs », et qui ne trouveront pas toujours une compagne compréhensive envers leurs escapades.
 Mais le golf peut être, sans que l'on s'en rende compte, une sorte de « philosophie » au même titre que le bouddhisme ou autre pensées ésotériques et/ou métaphysiques. A défaut d'être en lévitation, certains ne sont pas loin du Nirvana après une partie très réussie. Au Perche, on prête à notre président une « zen attitude » du meilleur aloi ! Comme dans les sectes, les golfeurs ont des idoles qui se renouvèlent de générations en générations : Harry Vardon, Sam Sneed, Bobby Jones, Jack Nicklaus, Steve Ballesteros, Tiger Woods, etc.  Ils suivent également des Tables de la Loi, édictées par le Royal & Ancient sis à St Andrews, temple du golf mondial en Ecosse. Ils ont dans une des poches de leur sac, une Bible des sacro-saintes règles du jeu, et les adeptes se doivent de s'y référer quand, par exemple, ils se demandent si « déplacer sa balle » dans certaines circonstances peut être « un péché » sanctionnable par des points de pénalité. Des psychologues, des intellectuels, des chercheurs d'Université ont fait des études et des thèses sur ce jeu « étrange et pénétrant » comme un rêve de Verlaine. Depuis BHL, qui le cite ingénument dans « De la guerre en philosophie », tout le monde connaît Botul, cet avatar de philosophe. A propos du golf, Jacques Gaillard lui fait dire dans la lignée des Raymond Queneau et autres illustres membres de l'OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle) : «  Le jeu de golf, dit-on, permet de prendre l'air.(…) Oublions l'orthographe, et prêtons l'oreille : soit un trou, si je prends l'« r », que reste-t-il ? Un tout. Du trou au tout, il n'y a qu'un léger manque, et c'est un manque d'« r ».
 Pour l'heure, ce même air est plutôt froid ; il est même glacial au moment où je vous adresse ces quelques mots et il fait meilleur devant son ordi que devant la balle, oubliée un instant en cette saison.
  Nous nous reverrons bientôt j'espère, sans doute au bar, après une bonne ou une mauvaise partie de début de saison, mais toujours devant un verre, peut-être un vin chaud, car si un parcours fait 18 trous, c'est bien l'incontournable 19e qui nous rassérène…  
 En attendant, hibernez bien !
        Jean-Guy Dubreuil
                                                                                   

 

 

 

 

 

  Janvier 2012
           Mes chers amis golfeurs,
            Compte tenu des « catastrophes annoncées », ce ne sont pas des souhaits qu’il faudrait faire en ce début d’année, année  promise par de nombreux « impétrants » qui se targuent d’en changer le cours, à des changements, à des bouleversements, à des renoncements de mauvaises habitudes, à des résolutions drastiques de modération et d’oublis de nos comportements habituels de soi-disant privilégiés, ce sont des prières.
            La prière est à la mode d’ailleurs. Il n’est que de se reporter aux nouvelles d’Outre atlantique, aux Etats Unis qui sont également en période électorale, pour s’apercevoir qu’ils pensent eux aussi que leur salut ne peut venir que d’En Haut, et qu’à l’instar des pays musulmans où les pouvoirs sont confondus avec religiosité, le futur président devrait être, comme nos rois autrefois, un représentant de Dieu. Le Tea Party (rien à voir avec le golf, même en Tee Partie !) s’y emploie avec d’intéressants candidats intégristes, au demeurant assez inquiétants, dont les arguments rétrogrades et obscurantistes semblent vouloir emporter l’adhésion de la moitié des électeurs américains qui croient toujours, entre autres, au Déluge et à l’Arche de Noë, notre père à tous…            
            Chez nous on ne craint pas le Déluge, ni que le ciel nous tombe sur la tête comme nos ancêtres les Gaulois, mais la chute vertigineuse qui nous ferait pousser un triple Ah !Ah !Ah ! car nous sommes, paraît-il, « au bord du gouffre ». C’est très inconfortable en effet, car toute tentative « d’aller de l’avant » serait fatale… évidemment !
            Prions donc mes chers frères, pour que l’année 2012 soit, au risque de ne pas être, comme le disait notre Malraux national, spirituelle.
             J’essaierai à ma modeste place d’y participer, dans l’autre acception du terme, il va sans dire.
            Il est cependant réconfortant de voir que certains de nos concitoyens responsables tentent d’amener des idées nouvelles pour améliorer notre vie quotidienne.
             Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas la faim dans le monde qui nous mobilise, c’est au contraire le drame de… « l’obésité » !
            Prenons deux cas récents de vie publique qui font couler beaucoup d’encre et dépenser beaucoup de salive :
- le scandale du « Médiator » tout d’abord, présenté comme : « Adjuvant du régime adapté chez les diabétiques avec surcharge pondérale ». Il est vrai que les victimes, très approximativement estimées entre 500 et 2000 (sic !) ont obtenu ce qu’elles voulaient à long terme: perdre du poids !
- dans la même veine, le bac et la diététique
            On peut trouver des suggestions du même ordre, pour améliorer ses chances de réussite au moins aussi inventives: chaque point d’acné en moins, un point en plus en biologie ; un « chichon » de moins avant d’entrer en épreuve de math, un point ; venir en VTT au lieu de la mob habituelle, un point en SVT (Sciences de la Vie et de la Terre !), venir avec son arbre généalogique à la 2e génération, deux points, progressifs avec l’ancienneté de la recherche; la conduite exemplaire des ascendants durant les deux dernières guerres pourrait apporter des points, ou encore pour certains et certaines des bonus en fonction des dioptries dans l’amétropie, et pourquoi pas en notant les candidats sur leurs looks et leurs maquillages plus ou moins réussis ?
            Réussite ou pas à ce fameux Bac, il faut de toute façon se méfier de l’excellence, surtout si on n’est pas né en France. Mais insister sur ce point pourrait devenir éditorialement incorrect.
             Je me demande si on ne pourrait pas transposer cette idée de bonus au comptage de nos points au golf. Je vois très bien une balance sur le tee de départ du 1 qui permettrait de comparer le poids des compétiteurs/compétitrices sur une balance du même type sur le green du 18. Il suffirait à la Commission Sportive de codifier l’attribution de points selon des critères à définir pour une perte de poids sur 9 ou 18 trous, en grammes, décigrammes ou en kilos. Les sportifs portant leurs sacs sur le dos auraient peut-être un avantage sur ceux qui tirent un chariot, lesquels l’emporteraient sur ceux qui ont un chariot électrique. Ceux qui seraient en voiturettes seraient alors très pénalisés par manque significatif de dépense énergétique sur le parcours. Ce serait un choix vous en conviendrez, qui ne fausserait en rien l’équité des épreuves, à moins qu’il y ait une disparité biologique homme/femme qui devra être évaluée.
            Les sponsors pourraient faire l’économie du buffet de mi-parcours. Certains en font l’économie (je ne cite personne !) et dans ce cas, Christophe pourrait pâtir d’un certain manque à gagner.
            La SARL également, pourrait peut-être voir un inconvénient à ce nouveau mode d’épreuves, pour cause de moindre location de ses véhicules. Mais la voiturette est de toute façon interdite en compétition sauf pour les handicapés présentant un certificat d’invalidité. Il serait peut-être également possible de faire des barèmes sur cet aspect des choses, et attribuer des points en rapport avec la gravité du handicap. Je n’hésite pas à gloser sur ce sujet, car vous savez, vous qui avez vu comme tout le monde « les Intouchables », qu’on peut maintenant se lâcher sur les gens « à mobilité réduite », les tétraplégiques, les hémi et autres plégiques, les non et mal voyants, ainsi que les mal et non entendants, les personnes de petite taille !!! Là, j’ai un doute subitement en ayant peur encore une fois d’être éditorialement borderline.
            
            
- autre actualité passionnante et passionnée, les prothèses PIP ; voilà un sujet de polémique qu’il est beau !
            Si les femmes victimes de cette escroquerie sont à juste titre inquiètes pour leur santé, que dire des maris, ou amants, qui croyant pouvoir comme le chante Baudelaire « parcourir à loisir  ses magnifiques formes » se retrouvent avoir entre les mains des enveloppes de composés chimiques utilisés dans l’industrie du pneu et autres objets peu compatibles avec le romantisme de l’instant, susceptibles d’éclater sous la fougue des assauts passionnés qui s’en suivraient…
            Louise Ackermann dans « l’Amour et la Mort » semble avoir eu une prémonition lorsqu’elle écrivait :
« Eh
bien ! reprends-le donc ce peu de fange obscure
Qui pour quelques instants s’anima sous ta main
Dans ton dédain superbe, implacable Nature
Brise à jamais le moule humain »…
           Lorsqu’elle écrivait ça, elle ignorait les chirurgiens esthétiques qui vont de nouveau en « tâter » !
 
            Vous voyez que l’avenir est encore devant nous, tout en sachant que, comme le disait Pierre Dac, il sera derrière dès qu’on se retournera, et que le futur ne cesse de progresser en nous promettant des îlots de choses très réconfortantes dans un océan de choses déprimantes que nous nous efforcerons d’oublier en améliorant nos scores, et en faisant par exemple des trous en un, comme un pro, mais sans la voiture qui va avec. Je ne souhaite à personne de le faire un jour de compétition, sauf si je suis là ! Le mien, après 22 ans de pratique,  je l’ai fait à 19 h 05 en novembre, lorsque le bar était vide et qu’une bouteille de champagne a suffi à régaler mes partenaires témoins.
            Si on en croit les Mayas, profitons de chaque instant jusqu’au 21/12/2012, date de la fin du Monde.
            Alors, avant Armageddon, je vous souhaite quand même une bonne année, golfique ou pas.
 
                                                Jean-Guy Dubreuil

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 DECEMBRE  2011
            Cher Père Noël,
       Je suis drôlement fier cette année de t’écrire sans l’aide de papa et maman.
       J’ai tellement bien travaillé à l’école, que je sais lire et écrire. J’ai eu des bons points. Pas encore assez pour avoir une image, car je ne savais pas jusqu’ici « comment on faisait des progrès »*. Je crois savoir depuis la semaine dernière. Et puis, il faut que je te dise aussi que j’ai appris à manger certains plats que j’aimais pas car, comme je l’ai dit à Mamy : « mon goût s’est fait ! »*.       
       Alors, avec ces bons résultats, je crois que je peux te faire ma commande. Maman m’a dit qu’elle vérifiera l’orthographe, (que j’avais écrit « ortografe »).
       Je trouve que le français est très bizarre, et que c’est plus pratique d’écrire avec mon téléphone (j’avais mis « téléfone !) en SMS… « é lo ! A l’1. C ki la meuf avec ki tt ? L é t k non ! a + ! ». C’est quand même plus simple et on comprend aussi, non ?
       Père Noël, je sais que tu te tiens très au courant de la vie des Jeunes. Je t’ai vu devant, et dans les vitrines des Grands Magasins où tu te faisais photographier (j’avais mis « fotografié !) avec des potes à moi sur tes genoux (avec un x, ça je sais, comme choux, cailloux, hiboux et surtout joujoux !). J’ai été étonné de te voir à plusieurs endroits au même moment, ou presque, et je me demande si tu n’as pas des frères jumeaux. Ça expliquerait le mystère de ton travail accompli dans le monde entier en une seule nuit. Avec tes douze heures par an, qu’est-ce que tu réponds aux gens qui disent que 35 h de travail par semaine, c’est pas assez ?
        Je suis presque sûr que comme mes parents, tu n’aimes pas trop qu’on écrive en SMS. D’ailleurs je crois que tu les connais mes parents, car ils n’arrêtent pas de me dire que cette année (mais ils avaient déjà dit ça l’an dernier !), tu n’étais pas riche… En réfléchissant un peu, je pense que c’est vrai, et depuis longtemps, car tu voyages toujours avec un traîneau tiré par des rennes, au lieu de te payer un beau camion chromé en vrai, comme tu en distribues en miniature aux enfants amoureux des camions. Tu n’as donc pas les moyens de l’acheter, ni de mettre du carburant qui augmente tout le temps. Remarque, tu donnes l’exemple à ceux qui ne pensent qu’à acheter des 4/4 toujours plus gros et toujours plus polluants. Tu es un vrai écologiste, comme disent certains, ou certaines, qui se présentent pour faire Président.
       Quand je ne joue pas avec ma console de jeu PS3, ou avec l’Iphone (ça j’ai toujours su l’écrire sans fautes !) de papa, j’entends les informations qui annoncent la fin du monde parce que la planète se réchauffe. On dit que la plage de La Tranche-sur-Mer sera bientôt inondée et que la petite maison qu’on loue tous les ans depuis que je suis bébé, sera engloutie sous l’eau. C’est drôlement moche, et je pense à toi Père Noël qui ne pourras même plus faire glisser ton chariot sur la neige, car il n’y en aura plus, elle aura toute fondue… Mes parents qui vont d’habitude aux sports d’hiver après ton passage, devront m’accompagner chez Papy/Mamy pour les fêtes, et jouer au Rami ou au Scrabble avec eux, avant de regarder « Les chiffres et les lettres ». Tu pourrais peut-être leur offrir un autre jeu si tu y penses, et je t’en remercie d’avance.
       J’ai entendu les grandes personnes parler de « crise ». A la télé ils ne parlent plus que de ça ! Moi je sais ce que c’est une crise, car j’en ai eu une quand papa m’a attrapé parce que j’avais cassé des fleurs en jouant au ballon dans le jardin. J’ai trouvé ça trop injuste, car c’était Romain, mon cousin qui est trop nul au foot, qui l’avait envoyé. J’ai donc piqué « une crise »… de larmes ! Je me demande si toutes ces grandes personnes qui se plaignent de ne plus aller à l’usine, ou des prix trop chers, etc., vont toutes pleurer l’année prochaine. Ce serait vraiment triste, et les fêtes de Noël et du Jour de l’An ressembleraient à celle d’Halloween qui n’est pas drôle, et qui est la fête la plus nulle que je connaisse. Moi je me suis pas déguisé en zombi ou en squelette cette année, ni en diable, ni en sorcier, ni en Mickaël Jackson. D’ailleurs, c’est comme les guirlandes électriques sur les maisons des voisins qu’on voyait encore l’année dernière; on en voit de moins en moins ! Peut-être à cause de la crise, car comme l’essence, le prix du courant augmente lui aussi… Moi, ça me manque pas, du moment que je retrouve des guirlandes sur mon sapin et des cadeaux en dessous.
       Alors cette année, j’aimerais que tu m’apportes les cadeaux de Noël que je vais te dire. Je te rappelle que j’ai « fait des progrès » pendant ce dernier trimestre, et que j’ai eu des A+ ! Le petit Nicolas voudrait des AAA ? Même à Agnan, avec ses lunettes de premier de la classe, la maîtresse lui donne que des A++ !
       D’abord un sac de golf avec les cannes qui vont avec.
       C’est Papy qui joue au golf au Golf du Perche près de chez lui, qui m’a dit : « Veux-tu essayer de jouer au golf ? ». Comme je n’ai pas dit non, il m’a emmené avec ma sœur pour prendre des leçons avec Virginie. Elle est gentille, Virginie, et elle m’a dit  que j’étais doué. Elle l’a dit à mon grand-père aussi, et il a pas voulu la croire tout de suite, en pensant qu’elle disait ça pour que je continue à prendre des leçons avec elle. Il a un caractère méfiant mon grand-père. Il a fallu que Virginie insiste pour qu’il la croie. Je l’ai vu jouer, Papy, et il est pas si fort que ça. Si j’étais sûr que maman ne lui montre pas la lettre que je t’écris, je dirais même qu’il est nul ! Mais je l’aime bien quand même mon Papy, et il a bien fait de m’emmener au golf, car ça me plait de taper dans la balle le plus fort possible, et je l’envoie loin de temps en temps. Pour ma sœur, Virginie n’a rien dit, mais je crois qu’elle ferait mieux de faire du poney si elle n’est pas allergique aux poils d’animaux.
       En attendant de pouvoir vraiment jouer sur un vrai golf, j’aimerais, Père Noël chéri, que tu m’apportes aussi une Wii avec laquelle je pourrais m’entraîner. Mon cousin Romain en a une, et on a joué dimanche dernier avec Cyril, son frère aîné, mon oncle et Papy. C’est lui qui a gagné… Il est plus fort devant l’écran que sur le terrain, c’est sûr, mais question adresse, il est quand même limite, car avec son geste, il a quand même cassé la lampe qui était sur la commode à coté de la télé. Il a dit qu’il t’en commanderait une pour Noël pour se faire pardonner. Ce qui m’a toujours étonné depuis tout petit, c’est que tu pouvais faire des cadeaux aux adultes qui vont plus à l’école et n’ont même pas de bonnes notes, en leur amenant dans ta hotte, des lampes par exemple, mais aussi, des chaînes stéréo, des écrans plats, des fours à micro-ondes, des machines à faire le café et même des gazinières. Tu dois avoir drôlement du mal à transporter tout ça, et à le faire passer par la cheminée !
       Quelquefois j’ai des doutes, et je me demande si tu existes vraiment. Surtout quand tu m’apportes des trucs que j’ai pas commandés, et que je vois ma tante, ou mon oncle qui viennent rarement à la maison, parler à voix basse à maman en désignant sous le sapin le gros livre des « Contes et Légendes des Hauts-de-Seine et autres lieux », ou le méchant pull-over de la honte que j’ai découvert au Noël dernier en ouvrant les paquets. Tu dois avoir des secrétaires, car j’ai remarqué que c’est pas toujours la même écriture sur les étiquettes où il y a les noms. Il y en a une qui écrit comme Mamy !
       J’espère que malgré « la crise », il te restera quelques €uros (Papa pense que bientôt il n’y aura plus que des Yuan, la monnaie de la Chine d’où dit-il, viennent tous les jouets de ta hotte !!!), et que tu pourras m’apporter les cadeaux que je t’ai commandés.
       Si tu ne trouves pas de jeux de société pour mes parents, tant pis, je leur offrirai avec de l’avance, le collier de coquillages et le cendrier en terre cuite que je leur ai fait pour la fête des mères et des pères.
       Ne prends pas froid, et fais bon voyage.
       Je t’embrasse, cher Père Noël.
                                                        Jean-Guy Dubreuil (*et son petit-fils, Nino)

 



Novembre 2011
Mon très cher et toujours aimé cousin,
 
 Le biset qui était chargé de vous véhiculer ma dernière lettre a dû se tromper de pigeonnier, puisqu’il semble que ma missive soit en d’autres mains. On me dit que vous pourrez la consulter sur demande. Qu’elle ne vous soit pas parvenue n’est pas grave car, je reconnais que le sujet en était parfaitement déplacé pour vous qui ne vous occupez que des nouvelles de votre monde ludique, insouciant et frivole. Vous avez mille fois raison.
 N’ayant pu me rendre à la réunion des « Amis du jeu de balles » qui se tient régulièrement chaque année, je ne peux vous en donner que les échos qui me sont parvenus à l’oreille et qui, j’en suis sûr, vous réjouiront mon cher cousin.
 Deux bonnes nouvelles pour commencer :
-      des leçons données gracieusement aux membres toujours en quête de perfectionnement de leur geste, pour une efficacité toujours souhaitée et cependant indéfiniment repoussée dans une course  au rêve inaccessible à mes yeux. Leurs efforts sont méritants et plus encore ceux de notre estimée et courageuse maîtresse d’armes, Virginie, qui se confronte à une tâche ingrate et désespérée. Mais loin de moi vouloir décourager quiconque…

-      l’autre bonne nouvelle est la marque de bonne volonté dont a fait montre notre bon Maître en accordant deux participations gracieuses, elles aussi, à ceux qui ne jouent qu’en semaine et qui auraient voulu participer aux joutes des samedis et dimanches en des tournois dotés. Que grâce lui en soit rendue !

Je prends le prétexte de ces deux événements pour ratiociner sur cette notion ambiguë et fragile de gratuité.
 Elle est dans l’air du temps, certes, et doit rendre de bien grands services à d’aucuns, sans compter le côté attractif et promotionnel qu’elle induit, mais est-il si sain que cela d’offrir sans contrepartie des « bontés » qui deviendront bientôt aux yeux des utilisateurs des droits indéfectibles ?
 Nous savons tous que le jeu qui vous passionne, mon cher cousin, ainsi qu’un nombre de plus en plus grand de personnes, et pas seulement des rentiers, est réputé très dispendieux et donc souvent réservé aux nantis de notre société inégalitaire, et que de ce fait des initiatives telles que celles que je viens d’évoquer vont dans le bon sens certes, mais soulèvent à mes yeux des réserves.
 J’ai eu l’occasion de voir des jeunes gens défavorisés par la vie et ses vicissitudes, à qui une œuvre de bienfaisance offrait des cours d’initiation à votre noble activité, mon cher cousin, et qui faute de moyens n’ont pu continuer à le pratiquer. Ils en eurent juste le fumet sans pouvoir le consommer véritablement. Bonne ou mauvaise initiative ? Je vous laisse juge…
 Vous n’ignorez pas mon cher cousin, vous qui fréquentez la Cour, que notre Monarque accorde certaines faveurs à ses courtisans. En plus du bénéfice qu’ils en tirent, il serait mal séant de les refuser au point d’offusquer sa Majesté, mais la contrepartie de cela est la dépendance captive du receveur face à son « bienfaiteur ».
 Vous connaissez mon cher cousin, à n’en pas douter, les fables que ce monsieur de La Fontaine nous fait la grâce d’écrire d’après Esope, et l’une d’entre elles s’intitule « le Loup et le chien ». On y relève le dialogue suivant entre les deux protagonistes :
« Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Vous voyez bien par cet exemple du fabuliste, que la liberté n’est pas compatible avec gratitude ou assujettissement. On m’a d’ailleurs instruite que certaines civilisations ne connaissaient pas le remerciement pour un service rendu, de peur d’être l’obligé de l’autre. Troc ou réciprocité, mais pas chantage du gratuit qui laisse au donateur toute licence du nombre et des modalités de ses dons.
 Il est un autre aspect restrictif de cette « générosité », c’est qu’elle fausse la valeur des choses, lorsqu’elle ne met pas en péril une éventuelle concurrence sur des marchés de toutes sortes.
 Prenez celui des Gazettes gratuites qui jonchent les trottoirs de nos rues après avoir été parcourues d’un œil furtif. Elles sont à la merci de tous ces  « bienfaiteurs » qui s’annoncent en priorité sur toutes ces pages, avec l’obligation de ne point les contrarier dans les éditoriaux. Ce sont des Gazettes captives qui font de plus une concurrence déloyale à toutes les autres gazettes payantes mais qui se veulent indépendantes en regard de leur engagement politique. On me dit que l’une des plus prestigieuses d’entre elles est sur le point de défaillir et cela me réjouit personnellement.
 Quant aux propagandes d’une part de gratuité sur les denrées que nous proposent les étals de nos marchés, ce ne sont à mon humble avis, que des miroirs aux alouettes et des invitations mensongères à consommer en faussant les valeurs et si possible le discernement et la sagesse populaire.
 Comme vous le voyez, il m’arrive d’être dubitative et paradoxale en me réjouissant de soi-disant « bonnes nouvelles », dictées par de bonnes intentions (l’Enfer en est pavé !), tout en en condamnant certains de ses effets qui peuvent se révéler pervers.
 Veuillez, mon cher cousin,  bien saluer de ma part les heureux bénéficiaires de ces « bonnes mesures »…
 Pour aujourd’hui je vous laisse. Adieu
 
 
Pcc.   Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné
    Jean-Guy du Breuil de La Loupe
 

 

Septembre 2011
 

 

Mon très cher et toujours aimé cousin,
 Sans vouloir accuser le destin ou quelques manipulateurs de celui-ci, il y eut à n’en point douter, des circonstances imprévues ou inopinées qui ne vous ont  pas permis de lire ma dernière correspondance, correspondance qui vous donnait de mes nouvelles et de celle du Comté du Perche, que par une de ces lubies que favorise ma nouvelle liberté, je fréquente à nouveau depuis trois ans.
 Ma santé, grâce au ciel, est pour l’instant florissante, après un épisode il est vrai oublié à cette heure,  qui a bien failli m’envoyer devant le Grand Tribunal qui aurait eu, prématurément à mes yeux, à juger de mes mérites en regard de mes turpitudes.
 Tout cela ne fut qu’une frayeur passagère, comme a pu en avoir notre très estimé Comte d’Adaunis, victime à son tour il y a quelque temps, d’une alerte qui aurait pu lui être fatale en suite d’un désordre de ses humeurs qui lui obstruèrent le ventre, incapable qu’il fut pendant une longue période d’exonérer ni matières, ni vents. Je vous laisse imaginer, mon cher cousin, l’embarras du malade qui par bonheur, je vous rassure, se montre de nouveau parmi nous, n’ayant point perdu de sa superbe.
 L’ayant déserté pendant quelques années, je retrouve le Domaine de Montgrand bien changé dans bien de ses aspects.
 Tout d’abord la Grand’cour où se rassemblent les calèches et chariots, est maintenant enclose de lices et de défenses aux pointes acérées, évitant l’égaillement anarchique et intempestif des chevaux et de leurs cochers.
 Hélas ! Comme vous le savez mon cher cousin, l’insécurité règne au sein du Royaume, ce qui inquiète grandement certains de ses sujets qui préconisent des solutions d’une rigueur extrême mais notoirement irresponsables et rétrogrades, et en dépit des rodomontades officielles, les chauffeurs et autres coupe-jarrets rôdent sur les chemins et attaquent les demeures en de nombreux fric-frac, comme ce fut le cas à plusieurs reprises à l’auberge un peu délabrée, il faut le dire,  du Domaine. Aussi pour essayer d’éviter ces fâcheux désagréments, un vigile surveille en permanence les allées et venues des visiteurs, parmi lesquels peuvent à tout instant se glisser des étrangers, des gêneurs, voire des « Roms » que Notre Grand Souverain (que son nom soit béni !) a opportunément stigmatisés dans un de ses remarquables discours du Trône.
 Grâce à l’empavement des rampes d’accès à l’auberge, les gentes dames et gentilshommes qui viennent céans, sont moins sujets à crotter leurs robes et leurs chausses.
 Enfin, la venue d’un nouveau tenancier de mes amis qui prépare les agapes, fait régner dans la taverne, où coulent à nouveau vin de terroir et boissons fermentées, une atmosphère redevenue agréablement détendue et conviviale. Il va sans dire que comme à l’accoutumée, notre bien aimé Comte y a sa table réservée, le plus souvent en compagnie de sa cour et de Madame la Chancellière. Il est vrai que bien des notables d’antan ne viennent plus faire leurs compliments et qu’on ne voit plus guère Monsieur des Essars ou le Chevalier d’Eonec, ni les Présidents Charmont-Desport, Maître Redondis ou le banquier Foucart, pas plus que le Lieutenant Fondateur d’Echancly, atteint paraît-il dans son intégrité physique, ce qui est un grand malheur pour lui et pour l’ensemble de la Communauté, car il  était l’un des rares à connaître tout ce qui a trait au jeu qui rassemble les membres de cette Société ludique.
 
On me dit que le Vicomte de Charlus, après avoir contracté un beau mariage, vient de plus en plus souvent au Domaine dont il a aménagé confortablement, et avec le goût sûr des gens bien nés, des communs du Château. Il semble vouloir s’impliquer dans la bonne marche dudit Domaine en prenant progressivement le relais de son père. Le Grand Responsable de l’ordonnancement des jeux, Frère François, en dit le plus grand bien.
Le bruit court (mais la malveillance est partout !) que la Vicomtesse se soit plainte du remue-ménage et des tracasseries sonores que les manants en charge des travaux d’entretien des lieux, font régulièrement à l’orée de ses fenêtres, troublant la quiétude qu’elle est venue chercher dans ses rares séjours à la campagne.
Cela est nonobstant concevable, car on a  pu constater en effet, que les abords du petit manoir ont été bouleversés afin d’aménager une aire de quiétude sonore et visuelle avec l’abattage d’un bosquet de résineux, permettant le dégagement de la vue sur le Château du Comte de Souancé en vis-à-vis pour d’éventuels, (pourquoi pas ?) échanges de signaux de connivence.
Il a fallu pour ce faire, modifier également le tracé de l’aire de jeu, dévalorisant à mes yeux la beauté et l’intérêt de cette partie du parcours. Mais ce n’est là que le point de vue d’une béotienne à qui personne n’a demandé l’avis, non plus qu’aux intéressés qui ne sont, rappelons-le, que tolérés sur ces nobles terres.
On observe cependant, qu’en saison estivale, des hordes de Bataves venus du Nord, envahissent régulièrement notre petit coin de province percheronne, au point que très souvent, nous autres les autochtones, « nous ne nous sentons plus chez nous », comme a pu le dire récemment un certain Ministre de Sa Majesté en parlant des Auvergnats, trop nombreux à ses yeux sur notre beau territoire français.
« Ma basta », je ne peux passer sous silence l’impression que m’ont faite les têtes nouvelles qui composent désormais cette Confrérie. La Bourgeoisie et le Tiers Etat semblent tenir désormais le haut du pavé et remplacer par leur nombre, mais non point par la qualité il va sans dire, les valeureux pionniers et fidèles du sérail qui ont été à l’origine de cette même Assemblée. Nous côtoyons en effet sur le pré et dans l’Orangerie, des femmes et des hommes au demeurant aimables et chaleureux, mais  bien ordinaires, vêtus à quelques exceptions près, sans grâce ni afféterie et dont les oiseux babillages sont le plus fréquemment, vulgaires et sans intérêt.
Je pense, mon cher cousin, que vous y bailleriez d’ennui.
Les temps changent il est vrai, et on est bien aise de voir que certains sont encore les gardiens vigilants des tradition !
Au reste, je vous manderai plus tard la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus incroyable, la plus extraordinaire, une chose qui fait crier miséricorde à tous , qui soulage bien du monde.
Voilà sur quoi je vous laisse, mon cher cousin. Adieu.
 

  Pcc.   Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné
     Jean-Guy du Breuil de La Loupe
 

   

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

    Juin 2011
…un monde parfait

 En dehors du fait que le nuage de Fukushima a sans doute été à l’origine de ma toute dernière piètre prestation, les sujets golfiques ne sont pas toujours d’actualité et ils n’inspirent pas toujours le chroniqueur de plus en plus solitaire que je suis depuis des mois. Un “bug” à l’AS déserte a retardé la diffusion de ce dernier billet attendu, je le sais, par un lectorat bien indulgent à mon égard qui m’encourage à continuer à divaguer. Alors divaguons !!!
 Je me garderai bien de commenter des « événements » récents dont l’évocation serait tout à fait déplacée dans une rubrique convenable et qui, par ailleurs, ont été largement exploités par un déluge médiatique à la limite de « l’agression textuelle »...
 Les membres de notre Club ont d’autres « chats à fouetter !
 Aussi je retrouve un édito de novembre 1996 qui peut rappeler certaines choses aux anciens, et peut-être distraire les nouveaux lecteurs.
 Je ne serais pas honnête en n’admettant pas que bien des choses ont changées depuis, et qui vont dans le bon sens, et cela grâce à des gens motivés, dévoués et golfeurs impénitents que je salue et remercie avec gratitude. Ils se reconnaîtront…
 Voici donc ce petit billet:
« Jean-Guy, tu nous ferais bien une petite diatribe pour le prochain bulletin » m’a dit Charles-Henri.
 « Diatribe » (Cf Larousse) Critique amère et violente, pamphlet.
 J’en conclu que pour certains, mon Président en particulier, j’aurais, au mieux l’esprit critique et au pire de l’amertume et de la violence sans doute mal dissimulées. Il est vrai que par les temps qui courent, cela n’aurait aucun caractère d’originalité tant il semble que ce soit une attitude très partagée par mes concitoyens, quoique très déconseillée sous peine de saper le moral national. Aussi serait-il également mal venu, par des propos critiques, de saper le moral des golfeurs, mes frères, qui ont déjà trop tendance à la cyclothymie en rapport direct avec la santé de leur swing.
 Le SWING, voilà un sujet pourtant qui ne prête guère à l’optimisme ! Celui qui vous dit qu’il « est en swing » est forcément un néophyte. Les joueurs confirmés savent que c’est un état tellement éphémère qu’ils n’en parlent plus ou seulement à des intimes comme d’une crise d’hémorroïdes. Le swing c’est comme l’horizon, inaccessible !
  Cependant nombre d’entre nous depuis 10 ans, embarqués sur le golf du Perche qui tangue, roule et vire au milieu des vagues herbeuses et ondulantes de ses collines, poursuivent la même chimère avec l’espoir d’accoster un jour à bon port. Cette métaphore maritime, amis golfeurs, est peut-être de nature à vous rasséréner tant il est vrai, tous les marins vous le diront, que ce n’est pas le but à atteindre qui est exaltant, mais le voyage et ses escales. Le Birdie peut être un petit oiseau des îles… Mais ne joue-t-on pas au golf justement pour oublier les calamités conjoncturelles que nous inflige une époque de plus en plus moderne, comme dirait Ph. Meyer, où le progrès fait rage dans la mélancolie ? Aussi, tournons le dos au réel, entrons dans la parenthèse, franchissons le miroir pour retrouver le monde rassurant et traditionnel du golf régi par le « Royal et Ancient », cultivons les joies simples, les émotions pures, quasi enfantines que procurent la petite balle, les copains, les sorties, le bar et la table ! Que la croisière s’amuse !…
 Sous le haut commandement de notre Pacha, seul (bon) maître à bord qui gouverne avec tant de sollicitude, d’abnégation et d’assiduité le bâtiment, sa route, son intendance et ses loisirs. « E la nave va ! ».
 Dans ces conditions, Charles-Henri, pourquoi diatriberais-je ? Parce que nous sommes de moins en moins de licenciés ? Cela nous permet de jouer en toute tranquillité. Parce que nous avons peu de jeunes ? Ne sont-ils pas très agaçants de jouer mieux que nous ? Parce que nous ne participons pas aux journées de promotion proposées par la Ligue ? N’est-il pas plus agréable de jouer entre amis ? Parce que nous prenons des « toises » aux interclubs ? Ces compétitions ne sont-elles pas envahissantes et improductives ? Parce que les arroseurs tombent de plus en plus souvent en quenouille ? Cela ne nous regarde pas. Parce que le buffet est passé à 90 F ? Cela incite à manger des sucreries tellement recommandées aux sportifs. Pourquoi ne pas se plaindre tant qu’on y est, qu’il a fait trop sec cet été ? Non ! Décidemment la diatribe cette fois, très peu pour moi.
 De toute façon, « nobody is perfect ».
         Jean-Guy Dubreuil
 

 

 

 

29 Mars 2011

 

Triste info...

 

Notre doyen Jacques LEPICIER vient de nous quitter.

 

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Il a terminé son parcours en ce début de semaine et est parti rejoindre Icare (son labrador) qui comme il en avait pris l’habitude l’attendait au Club House.

 

Doyen par l’âge certes, mais surtout par sa fidélité au Golf du Perche: Membre de la première heure, il a toujours été très présent dans toutes les activités proposées tant sur les fairways qu’au Club House.

 

Chaque balle Inésis excia que nous trouverons sur le terrain …..(tu en as tant semées!) …... et  chaque entrée au Bar pour le 19em trou, un petit coup d’œil à la licence que tu avais apportée pour son ouverture,   nous ferons penser à Toi.

 

 

Salut JACQUES.

 

 


  Le sale air de la peur

 

Février 2011 Jean-Guy Dubreuil

  

Il ne vous a pas échappé que la Ligue anti-tabac vient de frapper un grand coup, un coup qu’elle croit « fumant » et dissuasif pour les accros à l’herbe à Nicot. Pour renforcer le « Fumer tue », chaque paquet de cigarettes, de tabac ou boite de cigares est ornementé de photos de poumons encrassés, de gorges ravagées par le cancer, de gencives innommables, de fœtus atrophiés, etc .  
 Pourquoi s’en tenir là ?
 En dehors du fait qu’on devrait mettre une vignette prophylactique de ce genre sur les obus ou autres missiles, chacun de nos actes quotidiens est potentiellement dangereux et je pourrais en faire une liste non exhaustive en passant en revue une journée ordinaire.
 En admettant que les acariens ou les puces de lit vous aient épargné, dès que vous mettez le pied par terre, (le droit de préférence, car le gauche est réputé vous gâcher la journée avec une mauvaise humeur tenace), vous êtes en danger permanent.
  Vous vous êtes levé sans buter dans la commode, car vous avez allumé la lampe de chevet. Avez-vous vérifié  si l’ampoule est « basse consommation » comme il est obligatoire qu’elle soit depuis que Bruxelles s’est penchée sur la question écologique ? Enfin écologique… cette nouveauté est non seulement coûteuse mais pleine de mercure à la destruction et elle n’est pas faite pour durer longtemps. Mais ce dernier point est scientifiquement étudié pour « faire marcher le commerce », comme pour tout l’électro-ménager et autres produits de consommation courante, voitures y compris.
 Un premier avertissement serait souhaitable, épinglé sur la porte de vos toilettes, destination initiale impérative de la journée, qui vous mettrait en garde contre les risques de voir surgir un anaconda du fond de la cuvette, tant il est connu que des reptiles effrayants se promènent dans nos égouts.
 Dans la cuisine, des posters seraient les bienvenus pour vous rappeler de faire attention au grille-pain et à la bouilloire qui fait chauffer l’eau du thé (ensaché à Marseille ?). Attention aux couteaux ! Vérifiez bien la date de péremption de votre plaquette de beurre pour les plus gourmands téméraires, ou de votre pot de succédané oléagineux qui est censé le remplacer avantageusement dans l’intérêt de votre équilibre sanitaire, ou celle de la confiture industriellement concoctée avec amour par « Mémé confiture » qui a pris le soin de couvrir le pot avec un petit papier vichy tenu par un élastique pour faire authentique. C’est périmé demain ? Allez-y !
 Il serait bon de se méfier aussi du poste de radio que vous avez allumé machinalement et dont les nouvelles du matin peuvent gâcher toute votre journée : attentat suicide au Moyen Orient, mort de notre ami Ben Ali, enlèvement d’une joggeuse, accident ferroviaire, tremblement de terre, tsunami, discours du chef de l’Etat, sans compter l’intermède musicale avec le dernier tube de Barbelivien…
 S’il a bien dosé son thermostat et sorti indemne de sa douche, Monsieur est à l’abri d’un accident avec son nouveau rasoir électrique à têtes pivotantes, ou le mécanique à 5 lames qui en un seul geste, fauche les poils les plus drus dans les endroits les plus accidentés de son mâle visage. On n’arrête pas le progrès ! Quant à Madame, elle aura cependant un doute sur l’innocuité de ses produits de beauté dont les formules sont gardées secrètes par les parfumeurs milliardaires, au même titre que les « secrets défense » ou les plans de la voiture électrique de chez Renault.
 Attention dans les escaliers ! En sortant de votre immeuble, levez les yeux au ciel pour voir si un piano à queue ne vous tombe pas sur la tête. Il est vrai que le risque est minime ; on n’est pas tous des Georges Clooney…
 Dans la rue, l’insécurité est permanente quel que soit le mode de transport que l’on emprunte.
 A pied, c’est la crainte d’être agressé par des voyous qui s’en prennent à votre sac ou à votre i-phone. Vous avez moins de 50 ans et n’avez pas de i-phone ?  Je ne donne pas cher de votre réussite dans la vie.
 En vélo, ou mieux en Vélib, c’est le plus sûr moyen d’être transporté en urgence au service des traumatisés par le Samu local.
 En voiture, plusieurs hypothèses se présentent, mais sur votre permis de conduire,  une vignette d’avertissement du danger ne serait pas superflue.
 Premier cas , vous avez un 4/4 et vous emmerdez le reste des usagers, car vous vous sentez en sécurité, et si vous êtes responsable d’un accrochage, pas grave, vous êtes assuré. Autre cas limite, vous avez une voiture sans permis et là, il y a de quoi baliser. Au fait, pourquoi une voiture sans permis ? Vous n’avez plus de points ? Comment est-ce possible ? Vous étiez à 35 à l’heure dans une zone limitée à 30 ? A 118 km/h alors que c’était limité à 110 ? Vous aviez, au volant, la main sur votre portable pour le ranger ? Impardonnable en effet, et ce n’est pas le professeur Got, cet ayatollah de « la prévention routière », qui me contredira.
 Vous voilà rendu sain et sauf sur les lieux de votre travail. Y a-t-il sur la porte de votre bureau, ou devant votre poste d’ouvrier à la chaîne, ou sur votre pupitre d’enseignant, un avertissement qui vous rappelle les risques de stress au boulot ? Votre patron ou votre direction ont-ils prévu une « cellule psychologique » pour vous soutenir dans l’exercice de vos fonctions professionnelles ? A-t-on pensé à fermer les fenêtres à double tour, à planquer tous instruments contondants, toutes les cordes et les embrasses de rideaux, les câbles électriques ? Sans qu’il soit besoin d’affiche, on vous a prévenu pourtant afin de ne pas être surpris  par le harcèlement moral que subissent les cadres de la part des méchants DRH, ou du harcèlement sexuel dont les employées un peu girondes sont victimes. Méfiance…
 Au restaurant. Alors là, il faudrait que sur les menus soient indiqués tous les poisons qui sont servis  sous l’aspect appétissant de spécialités maison, mais qui en réalité, menacent votre santé. L’apéro pour commencer. Qu’y a-t-il de plus néfaste qu’un américano, un whisky, un Picon-bière, un Pastis et j’en passe ? Avec modération, on vous dit ! Et cet œuf-mayonnaise ? Et ces rognons de veau ? De toute façon tout cela est trop salé. Et ce dessert au chocolat ? Trop de sucre vraisemblablement, et il serait opportun que la carte des desserts soit imagée par des bouches édentées et des dents cariées.
Ah ! Si les méfaits de l’alcool, du cholestérol, de l’acide urique, des graisses insaturées et autres ingrédients contre-indiqués  pour mener une vie saine, étaient mis en exergue sur les cartes exposées devant l’établissement, on y regarderait à deux fois avant de s’attabler et on deviendrait plus volontiers végétarien. Quoique ! Ces légumes sont-ils vraiment bio ? Et ce bio est-il vraiment fiable ? En tout cas, il est plus cher, et c’est rassurant…
 A table, c’est souvent le moment de parler du régime amaigrissant que vous allez entreprendre à la vue du chiffre affiché par votre balance ce matin. Vous avez l’embarras du choix en écoutant ceux qui s’y sont aventurés. La liste est variée depuis les hyper protéinés, les dissociés, le régime Atkins, le Frickers, le Dukan , le Montignac, la Soupe, les Weight Watchers, etc. Un doute vous habite cependant avant de prendre une décision. Tous ces adeptes sont encore assez volumineux et chez l’un d’entre eux on vient de découvrir qu’il a un cancer…
 Et puis épisodiquement, au rythme des élections,  je pense qu’il faudrait également prévenir les risques qu’encourent les électeurs en votant. Je suggère d’illustrer les bulletins de gauche avec un patron du CAC 40, effondré devant une courbe descendante du cours de la Bourse. Les bulletins de droite avec un ouvrier décharné, délocalisé en Lituanie. Les bulletins du centre s’orneraient d’un âne de Buridan famélique hésitant entre deux tas de foin. Rien pour les partis extrêmes, réputés non dangereux. Quoique…
 Pour en finir momentanément, un autre souci nous tracasse tous depuis cette émission télévisée où il était question de dioxine. Si on écoute Arthus-Bertrand, elle pollue déjà nos villes et nos vertes campagnes, et il serait plus sage de porter un masque pour respirer, voire ne plus respirer du tout. Il doit en rester de la dernière croisade de Roselyne contre le H1N1, un exemple type du très intelligent « principe de précaution » dont on nous rebat les oreilles et qui nous complique amplement la vie.
 C’est là qu’on apprend que certains médicaments sont dangereux pour la santé ! Avec quoi va-t-on soigner les maladies nosocomiales ?
 On a envie de dire : foutez-nous la paix, laissez-nous vivre ! Même avec tous les dangers que cela comporte.
 « Trop de sécurité nuit gravement à la liberté »
 
        


 

 

Vœux 2011

 

Jean Guy Dubreuil

Janvier 2011

 

Avez-vous noté que contrairement à 2009, je n’ai formulé aucun vœu en début d’année 2010 ?

 

Ça ne vous a pas manqué apparemment, et votre saison s’est déroulée comme d’habitude, ni plus ni plus moins décevante, avec un indice stagnant, voire aggravé vers la hausse.

 Est-ce que ça vous a gâché la vie ? Non, et c’est tant mieux !

Vous allez entamer la nouvelle saison décontracté(e)s, avec des résolutions comme l’an dernier, avec l’envie d’être plus présent(e)s, plus assidu(e)s aux cours de Virginie, ou carrément allergiques à son enseignement en essayant de suivre les conseils d’un copain, copine ou d’un magazine. Vous savez ce que je pense des magazines ; à utiliser avec modération, comme l’alcool, qui peut pourtant vous à aider rester euphoriques. Donc pour ceux-là, (celles-là), optimisme et tournée générale pour l’an neuf !

Pour tous les autres, déprimé(e)s par des performances jugées catastrophiques tout au long de la saison, je n’ai qu’un mot à dire : dommage !

 

En effet, quel dommage de se mettre la rate au court-bouillon pour si peu de chose. De quoi s’agit-il en fait ? D’avoir mis un, peut-être deux… trois… quatre ? (Ah, quand même !) coups de trop pour entrer ce putt immanquable. D’abord, il n’y a pas de putt immanquable, vous l’avez vu. Ensuite et même si cela vous paraissait important de le réussir, ce n’est au fond pas si grave. Si ? Dans ce cas vous n’avez vraiment pas de gros problèmes dans la vie, hein ? Vous n’allez pas nous scier une pendule pour ça. Vous nous saoulez avec vos problèmes à la noix ! Qu’est-ce que vous voulez que ça nous foute votre putting merdique ? Vous allez nous parler de votre swing aussi ? Bon, je sais, les conversations au Club House vont se raréfier si on ne peut plus parler golf, surtout du vôtre entre deux interrogations sur celui de Julien. Quoiqu’il faut le reconnaître, en ce qui concerne Julien, on est toujours informé par son père, qui ne peut pourtant s’empêcher, lui aussi, de parler de lui et de sa dernière prestation.

 

Ainsi donc, vous vouliez vraiment des résultats pour cette saison écoulée ? Moi j’en connais, qui regrettent d’avoir descendu leur indice. Vous savez pourquoi ? Ils sont obligés de partir des blancs ou des bleus. Et du coup, ces drives qui atteignaient les 135, ils leur paraissent bien minables maintenant, et du fer 7 en deuxième coup, ils sont obligés de prendre un fer 6, voire 5, et rater le green…

 

Vous voyez que ce n’est pas simple le bonheur. (Du golfeur/golfeuse en particulier !)

 

Alors que souhaiter pour qu’il soit partagé par le plus grand nombre ?

 

Ce que je peux souhaiter au fond pour la saison 2011, c’est en me référant à Saint-Just qui disait « on ne gouverne pas sans laconisme », de transposer cet aphorisme en disant « on ne joue pas bien sans laconisme ». Même si cela n’est pas totalement avéré, cela permettra aux oreilles des membres du Club d’être plus attentives, plus complaisantes et moins impatientes aux conversations toujours sans intérêt, mais raréfiées et raccourcies, ayant trait à votre jeu.

 

Pourtant la séduction de ce loisir (élitiste, n’ayons pas peur des mots !), c’est qu’il incite, entre autre, à voyager afin de découvrir des parcours divers et variés, dont certains sont de pures merveilles architecturales et horticoles, le plus souvent dans des régions ou des pays de rêves. Autre attrait, il vous permet de vous guider impérativement dans vos choix de vacances (ah ! c’est vrai tu ne joues pas ; mais tu pourras toujours tirer mon chariot, ça te fera du bien de marcher !). De plus, il est le prétexte pour partir en célibataire avec des potes (ou entre filles, ce qui est plus rares !), et ce jeu qui se refuse à nous le plus souvent, il nous étonne quand même avec de bonne surprises de temps en temps, lorsque les coups partent comme on les a imaginés, et que comme par hasard ce jour-là la chance est avec nous, et que le score final est flatteur. On se rengorge intérieurement et on en parle autour de nous malgré tout. Tant pis pour Saint-Just ! Cela constitue un grand moment de bonheur à partager avec les copains autour du bar à qui on paiera un coup et à qui on promet de revenir le lendemain. A nos risques et périls !

 

Un petit vœu supplémentaire: garder Christophe à qui on souhaite une bonne année, rentable si possible.

 

Pour conclure provisoirement, un souhait impératif pour la prochaine saison : la stabilité des prix !

 

Que la Force soit avec vous, mais surtout n’oubliez pas de vous… indigner !

  

 



Gentil n’a qu’un œil…
Oui, comme l’autre là, national, mais qui en revanche n’a pas la réputation d’être gentil… Mais je m’égare d’emblée !
 La gentillesse, dont je ne sais quel humaniste, de je ne sais quelle nationalité, a décrété d’y consacrer une journée spéciale, comme il en existe déjà pour la femme, le patrimoine ou le « sans tabac », est une attitude, certes agréable et qui devrait faciliter la convivialité, mais qui n’est pas unanimement reconnue et appréciée comme telle, grevée qu’elle est, dans l’esprit soupçonneux de certains, et dans les rangs desquels je m’inscris bien entendu, d’un soupçon d’hypocrisie et de calcul. François Mauriac lui-même, tellement compassionnel en vertu de ses convictions religieuses, et qu’on ne peut accuser de « mauvaiseté », disait : « Une certaine qualité de gentillesse est toujours signe de trahison ». Un éminent professeur de médecine contemporain, Serge Uzan, se permet d’ajouter : « La gentillesse est la forme la plus aboutie et la plus efficace de la malice ».
 Pourquoi tant de réserve à ce qui devrait faire l’unanimité pour favoriser une entente, sinon idyllique, mais en tout cas souhaitable entre les hommes ?
 Une suspicion immédiate des citoyens ordinaires, tellement habitués aux relations conflictuelles  entre humains, le plus souvent faites de rivalité, de concurrence, d’envie et de « coups tordus », fait dire, hélas ! au bon sens populaire, qu’un comportement continuel tout simplement aimable, serait douteux, car celui qui le pratique serait « trop gentil pour être honnête »…
 Tenez, par exemple, il est indéniable que certaines personnes affables et pleines de bonne volonté apparente, sont « gentilles » avec certaines personnes âgées. Des scandales récents remplissent des pages entières de la presse écrite, avec photos (photos ?) et commentaires. Il s’avère que ces « bonnes âmes » sont des prédateurs ignobles et sans scrupule pour spolier leurs victimes en état de faiblesse.
 Autre exemple. Nous même, en défiant un partenaire au golf, nous efforçons de dire à voix haute des choses gentilles à celui qui vient de réussir un joli coup qui va ruiner nos espoirs de gagner la partie, alors qu’intérieurement on l’injurie et le voue aux gémonies. Cette gentillesse apparente est évidemment un moyen d’occulter notre frustration et notre rancœur pour rêver d’une future confrontation revancharde.
 Nos amis les Anglais, si dignes et flegmatiques, si polis et bien élevés, ne sont-ils pas la quintessence de la rouerie et de la condescendance dans ce domaine ? (exceptions faites de Térence et de ses concitoyens British du Perche, bien entendu !). Leur soi-disant « fair-play » n’est le plus souvent qu’une façade qui cache de noirs desseins.
 Pour les Français, l’Angleterre et ses « gentils » habitants, reste la « perfide Albion »… Crécy, Azincourt, Jeanne d’Arc, ont toujours du mal à passer, et notre Quinze de France de rugby s’efforce chaque année de nous venger lors du Tournoi des 6 nations !
 Plus près de nous et dans la dérision des « Guignols de l’Info », ceux-ci nous mettaient régulièrement en scène (avant le remaniement !) un « gentil ministre » qui donnait des gentilles interviews, et  dont on a attendu sans illusion la gentille efficacité… Mais pas de politique dans cette rubrique, s’il vous plait !
  Gide disait qu’on « ne fait pas de littérature avec de bons sentiments » ; en ferait-on avec de la gentillesse ? Certes, la littérature enfantine est pleine de héros positifs dans un univers  manichéen partagé entre « méchants » et « gentils » auxquels les jeunes lecteurs s’identifient. Dans toutes ces sagas imagées, le « bon » triomphe toujours. Mais qu’en sera-t-il dans la vraie vie qui va s’ouvrir à ces lecteurs confiants dans un avenir où la morale est censée être sauve et triomphante, alors que l’on sait, nous autres adultes, qu’on est loin du compte et que ce monde appartient sans complaisance, aux plus malins, aux plus pervers et aux plus avides de richesses et de pouvoir. Le « gentil » n’existe pas dans ce monde là !
 Il y a cependant un paradoxe dans cette dénomination, car toujours en se référant au bon sens populaire, il est indéniable que l’adjectif « gentil » attribué comme seule vertu à quelqu’un, est le plus souvent synonyme de « simplet ». « Il est gentil » ; sous- entendu, il est un peu benêt, inoffensif, accommodant et « bon à plumer ».
 Et pourtant comme j’aimerais que la gentillesse soit universelle, plus présente dans nos vies, pas seulement à l’occasion de la  journée qui lui est consacrée, et permette d’être, comme le dit Mark Twain, « le langage qu’un sourd peut entendre et qu’un aveugle peut voir ». J’en rêve, moi qui suis tellement obnubilé par la violence que des hommes sont capables de faire à d’autres hommes au point de lire avec toujours plus d’étonnement effrayé, des livres comme « Le feu » d’Henri Barbusse sur l’horreur de la guerre des tranchées de 14/18, « Les récits de Kolyma » de Varlam Chamalov sur le goulag soviétique, « Kaputt » de Malaparte sur le front de l’est durant la deuxième guerre mondiale ou encore « Putain de mort » de Mickal Herr, reporter américain au Vietnam dans les années 70.
 On est loin d’un « Wonderfull world », et j’attends l’arc en ciel ……
 Enfin pour étaler une érudition « Wikipédestre » que je vous livre gentiment, quelques rappels historiques  pouvant enrichir votre culture :
 Jusqu’au XVIIIe siècle tout noble naissait « Gentilhomme ». La « Gentillesse » était synonyme de « Noblesse ». et l’on sait au cours de l’histoire, la compassion et l’amour que celle-ci portait au peuple...
 Pour les Hébreux et les premiers chrétiens, les « gentils » étaient les étrangers ou les païens avec qui ils n’étaient pas toujours gentils.
 Au XIIIe siècle, avec une autre appellation voisine, on peut parler des Cathares ou « Bons Hommes » que l’Inquisition de l’Eglise apostolique et romaine appelait « les Parfaits » et qui les ont massacrés jusqu’à Montségur, sans gentillesse aucune.
 En conclusion, et pour expliquer mon intérêt sur le sujet, depuis qu’au début de ma carrière, un réputé gentil de mes relations (c’est en tout cas ce qu’en disait tous les gens autour de moi), m’a donné professionnellement un méchant coup de poignard dans le dos, je n’ai cessé de dire que « gentil n’a qu’un œil », c’est à dire un œil visible, cachant l’autre sans doute pour des intentions inavouables…
 Pour toutes ces raisons, me dire que je suis gentil, m’est insupportable et pris comme une injure. Heureusement, peu de gens m’ont jamais attribué ce qualificatif.
 Il faut dire que je fais de mon mieux pour ne pas le « mériter ».
 
     Jean-Guy Dubreuil, le-pas-gentil.
          
Novembre 2010


  Alors… on avance ?

 Lâchant un peu la grappe à Virginie et en l’absence, ces jours-ci, d’événements saillants pouvant susciter à mes yeux des commentaires, je vais vous parler une fois de plus, d’un temps que les membres de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Ils verront que les sujets de discussion au sein du golf du Perche, sont assez récurrents …

 Comme le rappelle François (« Rimpoché », pour les amateurs de lait de yak ou de thé vert) dans la présentation de cette Tribune actualisée, (« qui, me dit-on », comme aime à le susurrer Serge Moati sur France 5,  a de plus en plus de lecteurs !) il y eut dans les années 90, la création d’un lien informatif trimestriel entre les membres et l’A S qui s’appelait « La Lettre du Golf du perche ». On pouvait y lire l’Editorial du président initiateur de ce bulletin, Didier Charvon ; la relation des événements sportifs et de  leurs résultats ; ainsi que celle des manifestations diverses ayant trait à la vie du Club. François, (qui avait un patronyme occidental à l’époque !) était déjà là en tant que Président de la Commission sportive, et il y « éditorialisait » avec brio. J’y faisais personnellement des Compte Rendus en tant que Capitaine des Jeux ou secrétaire de séances de Commissions ou d’Assemblées Générales. Thierry des Abbayes tenait une rubrique culturelle en faisant partager son érudition sur l’Histoire du Perche. Le pro, Patrick Terru, participait en faisant des communications sur la  technique et la tactique golfiques.
 A partir du N° 7 en juillet 1994, je m’essayais à l’humour avec une ébauche de bande dessinée parfaitement nulle voulant s’inspirer d’Astérix. J’y renonçais dès le N° 9 et bien m’en prit.
 Il fallut attendre avril 1996 pour que ma plume laisse une première trace éditoriale dans un article que je vous reproduis et que certains « collectionneurs » retrouveront avec plus ou moins de plaisir à proportion de leur responsabilité dans cette affaire. Sans me prendre pour Cicéron, (qui ne jouait pas au golf que je sache !), c’était le début d’une série de « Philippiques » différemment appréciées par leurs cibles, mais qui amusèrent pendant quelques années un certain nombre de lecteurs.
 Dans l’édito d’humeur (dénué d’humour… ça m’arrive !), que je ressors de mes archives et que je propose aux « petits nouveaux » de découvrir, il s’agit d’un sujet grave dont certains parlent encore : la suppression du droit d’entrée. En fin de compte, ma proposition d’invitations, avec quelques années de retard, a été adoptée avec quelques restrictions, et elle concerne TOUS les membres ! On avance…
 Sans actualité, et avec l’aval de l’A S, je me réserve le droit de tirer de l’oubli d’autres « petites diatribes » comme les appelait Charles-Henri Krug, le président successeur de l’époque, et dont les synonymes sont « critiques, pamphlets »…
 Avec ce texte ressuscité, mon ami Stéphane Lelan verra que je ne suis pas l’élitiste xénophobe qu’il croyait déceler en moi…   


 

  Petite chanson à reprendre en chœur si l'on veut ...
A bientôt !

Virginie, aussi…

C’est au practice du golf du Perche
Que j’ai rencontré Virginie
Et ce ne fut pas en faux derche
Qu’avant les cours je lui ai dit :
« Je crois ta mission impossible
Mon geste est totalement en friche
Tu prends en charge l’incorrigible »
Et crânement elle a dit chiche.

Faisait un temps vraiment superbe
Et je me suis mis devant l’herbe
Virginie aussi
Je pensais les arbres bourgeonnent
Et les balles sont toutes jaunes
Virginie aussi
J’avais le soleil dans l’oeil
Et faisais taire mon orgueil
Virginie aussi
Regardant le trajet d’mes balles
Je me dis j’y comprends qu’ dalle
Virginie aussi

Un peu avant avec un pote
Avec qui j’ai joué souvent
Je m’disais : « tiens, il la tripote »
Je parle d’la balle évidemment.
Et en lui posant  des questions
Il me parla de Virginie
Qui lui fit faire des corrections
Dont il tirait un bon parti
 
 
En me prenant par les épaules
Je vis qu’elle était dans son rôle
Virginie aussi
Et lorsqu’elle me fit pivoter
Ma colonne s’est mise à craquer
Virginie aussi
Puis je sentis ses mains si lisses
Qui se placèrent sur mes cuisses
Virginie aussi
Je vécus dans cette attitude    
Un grand moment de solitude
Virginie aussi

Je décidai de l’imiter
Et prendre des leçons à mon tour
Y’a t-il un âge pour s’arrêter ?
On peut rêver, comme pour l’amour…
On commence par un rendez-vous
Et c’est toujours la première fois
Avec un espoir un peu fou
Qu’on pense se donner de la joie
 
Après de nombreux swings ratés
Je me retrouvai épuisé
Virginie aussi
Elle avait beau me corriger
Je continuai à divaguer
Virginie aussi
A un moment on fit une pause
Et je ne pensais qu’à une chose
Virginie aussi
Où est  ma coordination ?
Je ne suis que transpiration…
Virginie aussi

Après vingt ans d’études vaines
A la recherche du swing parfait
J’en ai pris des cours à la chaine
Pour  être de plus en plus mauvais.
J’n’en voudrai pas à Virginie
Si ses leçons sont un échec
Certains élèves sont abrutis
Ou s’inhibent dans leur intellect
 
Mais au bout d’une demi heure
J’attendais encore le bonheur
Virginie aussi
J’écoutais bien son beau discours
Mais je sentais mon corps trop lourd
Virginie aussi
Quand elle m’empoigna par les hanches
J’étais tout raide comme une planche
Virginie aussi
Tous mes clubs labouraient le sol
Toutes mes balles étaient molles
Virginie aussi

J’ai passé l’âge des prises de tête
Et je ne fais que m’amuser
Le golf pour moi est une fête
Une bonne journée à partager
L’dixneuvième trou est important
Peu nombreux ceux qui l’escamotent
C’est toujours un endroit charmant
Où l’on retrouve tous les potes

 
Malgré ses mots encourageants
Je pensais qu’c’était affligeant
Virginie aussi
Et encore plus que d’habitude
Je fus pris d’une lassitude
Virginie aussi
Lors de la Coupe Générali
Je fis un score très avachi
Virginie aussi
Ne parlons pas de celle d’Opel
Où j’me suis dit “j’me fais la belle”
Virginie aussi

J’imagine qu’en lisant ceci
Je vais encore avoir des critiques
Et que la pauvre Virginie
Va me trouver antipathique
Il faut vraiment qu’elle se rassure
Je ne suis pas vraiment méchant
Mais qu’ c’est hélas dans ma nature
De vouloir taquiner les gens
 
C’est pour pouvoir faire un bon mot
Que j’peux passer pour un salaud
Virginie merci
Si ma chanson est déplacée
Je te demande de m’excuser
Virginie merci
Mais l’occasion était trop belle
Pour l’un de tes élèves rebelles
Virginie merci
De vouloir faire l’intéressant
Sans r’mettre en cause ton enseignement
Virginie… merci !!!

                                                                         Avec malice, Jean-Guy Dubreuil
                                                                         
Septembre 2010

 

 


 

 

 

 

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